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Chapter Harley
Plaine de France

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"Deux dates sont à retenir dans l'histoire de la ville de Sainte Mère l'Eglise...Le 6 juin 1944 et le 13 septembre 2014...Bien sûr, elles ne sont pas comparables en terme de gravité et quiconque mettrait les deux en perspective passerait pour abominable, mais elles ont un point commun...une présence américaine...remarquable et remarquée !

Tout commençait la veille, à l'aube, sur un parking de station service du Val d'Oise, où se retrouvaient plus d'une demie centaine de superbes motos, astiquées pour la circonstance d'une date phare...Les 5 ans du Club auxquelles elles appartiennent, les 5 ans du Plaine de France Chapter ! 5 ans, ce sont les noces de bois, mais le week-end qui s'annonçait n'allait certainement pas nous laisser de la même matière...

La route surprise qui avait été préparée par les organisateurs de cet évènement menait, la troupe divisée en deux groupes pour raison de sécurité, vers la ville de Rouen, premier point de passage. L'arrivée par la côte de Bonsecours surplombant la ville aux 100 clochers nous plongeait entre 2 virages vers la cathédrale fière et les méandres de la Seine. Le trajet jusqu'à la capitale normande fut ensoleillé, ce qui rendait malgré la circulation et les arrêts intempestifs aux feux sa traversée acceptable...Nous continuions notre avancée dans la région, verte et généreuse jusqu'à atteindre le bac Sahurs-La Bouille. Ce vestige pittoresque de la marine fluviale nous amusait et marquait une évidente recherche d'originalité. L'atmosphère brumeuse sur les berges de la Seine, l'odeur si particulière du fleuve, et les chaumières tapies au pied des falaises enchantaient cette partie du parcours.  Les petites routes de campagne sinueuses, les champs dégradés verts et blonds, les maisons à colombages, formaient le décor qui nous accompagnait jusqu'à l'étape du déjeuner. Nous frôlions les abbayes, sillonnions des lieux-dits  et arrivions soudain dans le parc bucolique d'une maison à colombage, après la traversée épineuse d'une cour de gravillons pièges. Un couple fort accueillant et typique des gens du pays nous attendait. Le repas qui visait à nous faire tenir droits dans nos bottes comprenait entre autre un poulet vallée d'Auge et une tarte des demoiselles Tatin qui finissait de nous caler ! Le tout était partagé sous le préau, au milieu d'un brouhaha symptomatique des moments conviviaux. Nos gentils organisateurs finirent malgré tout par nous secouer car nous étions à priori à quelques nombreuses encablures de notre destination nocturne ! Nous roulions, roulions et roulions encore pour notre plus grand plaisir au milieu des éoliennes, des prairies, des bois, des villages magnifiques, la basilique de Lisieux nous laisser passer au loin tels de preux pèlerins, puis peu à peu, les colombages se transformaient en moellons, le chaume en ardoise, et le vent se levait, le soleil déclinait soudain...la mer apparut ! Le bleu gris des eaux contrastait avec l'azur du ciel, le brun du sable et le vert des prairies qui mourraient sur la plage. C'était beau à couper le souffle ! Le soleil couchant baignait l'ensemble dans une ambiance dorée, chaude et réconfortante. Nous étions arrivés à Omaha Beach, lieu de notre villégiature !

La distribution des clés des chambres fut faite dans la joie de marins arrivés à bon port, au contrebas de la résidence Belambra. Le temps était venu de nous reposer dans nos bungalows blancs, adossés à la colline, et de nous préparer pour la soirée. L'apéritif fut pris dans la bonne humeur, chacun s'exclamant sur la qualité des lieux et le cadre exceptionnel. Une première série de mojitos, kirs et bières avalée, le dîner était partagé par tables reparties autour d'un buffet copieux. On entendait fuser des éclats de rire et des verbes hauts ! Comme à leur habitude, les membres du Chapter s'amusaient, rigolaient. Puis de retour au bar transformé en salle d'animation, une deuxième série de verres bien dosés de mojitos dont le succès surprenant en laissaient certaines dans un état étrange était avalée au milieu d'une assemblée qui faisait au mieux pour répondre à une série de mini-jeux et quizz musicaux qui parachevaient cette belle journée, prometteuse d'un lendemain d'exception...

Le petit-déjeuner avalé, nous enfourchions nos destriers pour une destination surprise. Le run de 200 kilomètres à peine fut une concentration de moments mémorables. Le Cotentin traversé de part en part nous arrivions dans la ville de Port-Bail. Elle est magnifique avec son église de pierre arasant sur la baie, longeant les prés salés, et marquant le passage d'un pont qui nous amenait vers la plage à la Brasserie "Le repère". L'endroit porte bien son nom. Nous y rencontrions les membres généreux des Chapters de Caen et Grandville qui avaient fait le trajet jusqu'à nous pour la circonstance et notre plus grand plaisir. Une centaine de motos trônaient fièrement sur le parking entièrement dédié à la cause. Le patron des lieux, un conseiller municipal, un journaliste local, les discours, pot et musique d'accueil, l'ensemble donnait un air très cérémonial à la fête. S'en suivit un buffet gargantuesque, de fruits de mer frais, de pâtés, et autres mets succulents. Quel délice que ce moment fraternel où nous échangions avec nos homologues descendants de Guillaume le Conquérant, et posions pour la rituelle photo aux couleurs du Club. Puis la route reprise, nous bouclions la boucle par un arrêt à Saint Mère l'Eglise. La pause d'une heure rendait impossible à cacher aux badauds et aux habitants notre présence envahissante. Que ce soit au musée, à l'église ou aux terrasses des cafés, ces dizaines de motards en cuir flânant provoquaient la curiosité de tous. Nous étions nous aussi interloqués par la présence de ce parachutiste pourtant tellement connu pendu au clocher, par ces tanks et autres armements datant du débarquement, présentés au centre ville dans cet espace riche en histoire et cicatrices.

Puis nous repartions vers notre résidence, et la route que nous parcourions était encore un fois magique. Nous longions les plages du débarquement, immenses, ventées, les couleurs étaient envoutantes et l'atmosphère dégagée nous serrait les tripes. Qui pourrait dire le contraire lorsque nous arrivions au Cimetière et Mémorial Américain de Normandie, lorsque l'hymne accompagnait la descente du drapeau étoilé, et que ces milliers de petites croix blanches nous accueillaient dans leurs bras de marbre, toutes identiques, placées comme une armée de soldats fantomatiques...Seuls les noms de ces pauvres combattants et ceux des Etats des Etats Unis dont ils sont originaires marquaient une différence. Leur valeur , leur courage et leur mort les réunissaient dans ce lieu aussi beau qu'effroyable...Et grâce à eux, notre liberté reconquise...nous pouvions ainsi regagner notre havre de paix et passer une soirée à la hauteur de l'évènement que nous étions venus fêter.

Les dames parées de milles feux, en panthère, cuir ou jeans, les hommes élégants, tenues motardes ou non, nous nous réunissions autour d'un nouvel apéritif convivial dans la salle de spectacle. Notre Directeur prononça son discours entouré des élus du bureau sur la scène, rappelant à chacun des membres comme ce Club est riche en amitiés et moments que nous contribuons tous à rendre sympathique par notre présence et participation. Puis distribution des casquettes emblème de notre Club offerte à chacun de nous étant faite, nous étions désormais parés d'un signe de reconnaissance unique. Elles sont superbes et nous pouvons enfin paraitre à l'unisson entre les calots des uns et les couvre-chefs des autres. Et comme le PDFC ne serait pas le PDFC sans humour et rigolade, vint le temps de jeux où mimes, présence d'esprit et culture sémantique avaient toute leur place ! Quel moment drôle ! Le dîner-buffet résonnant encore de mille rires nous clôturions cette soirée magistrale en nous trémoussant dans une ambiance discothèque à faire pâlir de jalousie certains night-clubs des plus branchés.

Mais les meilleures choses ont une fin et la nuit courte nous séparait du retour du lendemain, entamé après un dernier brunch partagé dans ce cadre toujours aussi enchanteur.

La fée PDFC, accompagnée de son inséparable Dealer était venue se pencher sur chacun d'entre nous, saupoudrant nos mémoires de ces instants grandioses.

Florence"