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Chapter Harley
Plaine de France

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"Comment aborder un sujet aussi vaste que les grands espaces du Far West Américain...qu'est celui du voyage du Chapter Plaine de France dans les grands espaces du Far West Americain ? L'objectif de l'article de presse n'est pas de tenir un journal quotidien comme le ferait le capitaine de la Bounty, Christian Fletcher, qui relaterait un parcours détaillé dans un calendrier. Ce récit ne serait finalement que la pâle copie insipide d'un road book ou d'un guide touristique...Ce qui importe, semble-t-il, c'est de pouvoir partager le moment et l'ambiance avec l'ensemble des lecteurs, présents ou non lors de ce Road Trip pas comme les autres....Alors "Let's go" !

 La grande majorité du Groupe est arrivée avant l'heure du rendez-vous à Roissy ce matin du dimanche 6 juillet 2014. On sentait déjà la motivation des uns et des autres et l'effervescence face à l'inconnu de cette aventure que nous souhaitions trépidante...Nous ne serons pas déçus... Le voyage via une escale à Toronto paru long, comptabilisant plus de 20 heures sur le pied de guerre et les procédures des services de l'immigration américains donnaient déjà une idée de la rigueur des forces de l'ordre outre-Atlantique. Quant aux heures de vol, vive les vidéos embarquées sur les derniers avions de ligne !!!

Nous arrivions somme toute assez aisément bien que pas trop frais à notre aéroport de destination, Los Angeles, en début de soirée, dans une atmosphère étouffante, qui n'était qu'un aperçu des journées à venir ! Notre guide, Cathérina, petite pile électrique d'origine Belge parlant très bien français, nous attendait avec un grand sourire et une énergie débordante (il allait lui en falloir), annonçant déjà la vague caniculaire qui pointait...avec un thermomètre visant les 42° pour le lendemain. Youpi ! Cela promettait...

Arrivés à l'hôtel type Hacienda proche de l'aéroport, chacun sautait dans la douche et nous nous mettions en quête d'un restaurant "typique"...le fast food...Nous partagions hamburgers (rien à voir avec MacDo), bière, salades Caesar à la lumière de la terrasse bordant un boulevard et les voitures gigantesques approchant ainsi que les magasins immenses, mélange de droguerie, pharmacie et supermarché ouverts 24/24 nous plongeaient brutalement dans ce monde de consommation...

Une bonne nuit passée, nous étions dans les starting blocks pour rejoindre nos motos. Tout le monde fut plutôt satisfait de son modèle (à qui la noire ! à qui la rouge !) et après 2 heures de discussions et préparation, notre aventure pouvait commencer...

La visite motorisée de Los Angeles nous emmenait sur les plages de Santa Monica. Certains faisaient du shopping, d'autres pique-niquaient sur les pelouses bordant la jetée, le tout sur un rythme enlevé, puis Hollywood boulevard où se fréquentaient Dark Vador, Cendrillon et Jack Sparrow nous dévoilait ses secrets et ses étoiles...Mais quelle chaleur ! Comment supporter sous des déguisements incroyables une telle température ! Les moteurs surchauffaient et nos cuisses finissaient par griller comme au barbecue. Une séance Biafine improvisée au fond du parking sous-terrain nous laissait partager des moments drôles ... et inquiétants pour la suite...Puis le bitume brulant nous portait vers Sunset Boulevard, les collines verdoyantes et le bleu du ciel si intense, propre à la Californie.

Une centaine de miles d'autoroute nous jetait vers les collines désertiques de Palm Springs et la chaleur étouffante qui s'engouffrait sous les casques à 20 heures, bloquant parfois la respiration, laissait supposer un lendemain et une traversée du désert de Mojave digne des Enfers...Mais quel contraste...La ville "climatisée" par tous ces petits brumisateurs était d'un calme olympien et les restaurants accueillants mélangeaient style Happy Days des années 50 et brasseries du meilleur goût. Nos grands enfants du PDFC étaient heureux de partager des glaces vendues au kilo, d'autres préféraient s'éclabousser dans l'eau du bain de la piscine. L'essentiel était de se détendre après cette première journée riche en plaisir des yeux et du guidon et les climatisations des chambres ronronnant permettaient de détendre des corps déjà malmenés par l'atmosphère des lieux.

On nous avait suffisamment prévenus qu'il ferait chaud. Galéjade ! Nous pensions attaquer la route vers Laughlin frais et dispo. Que nenni ! Joshua National Park nous avait épuisé en 2 heures ... et les 4 heures qui s'en suivirent semblaient dignes d'une présélection pour Koh Lanta. Le soleil tapait sur les casques, dans les dos nus ou couverts par de lourds blousons suivant le choix de chacun, la température qui flirtait avec les 60° au soleil semblait avoir mis un contrat sur nos têtes et vouloir notre peau et on pouvait se demander si un panneau "Wanted" avec nos photos n'allait pas apparaitre au prochain café, 100 miles plus loin...Enfin fallait-il encore y arriver !!! Jamais compteur kilométrique n'a semblé défiler aussi lentement. En nous voyant effondrées au Roy's café, charmant endroit désuet isolé sur 150 miles et en panne d'électricité depuis 3 jours, incapable de produire pour déjeuner autre chose que des chips ou des cacahuètes humidifiés par un Coca, les quelques unes d'entre nous au bord de l'apoplexie nous demandions si nous verrions un lendemain. Les rochers transformés en maisons dansantes, confirmaient que ces vues de l'esprit n'était pas du signe le plus réconfortant...Mais heureusement que les membres du PDFC sont motivés, joyeux et surtout solidaires ! Nos carcasses retapées par les soins prodigués par les nôtres, certaines retrouvant figure humaine dans le van et les plus solides repartant pour un tour, nous arrivions ENFIN à Laughlin, petit Las Vegas du coin...Ouf ! La page de ce volume de Dante était tournée...mais quel souvenir...!!! On a rarement été autant poussés au bout de nous mêmes.

La 2e partie du voyage sur la route 66 le lendemain fut plus clémente et l'aventure extrême de la veille n'était plus qu'un lointain souvenir (enfin pas si lointain pour tout le monde...) ! Là nous étions transportés dans le monde de "Cars", ce petit dessin animé si rafraichissant. Des vieilles Chevrolet, des mini-vans, pneus crevés, couleurs délavées, rouille apparente, devantures datant d'un autre siècle, logo Route 66 sur le bitume, tout y était. La ville fantôme de Selligman nous délestait de quelques dollars pour nos achats de souvenirs, tee-shirts et intentions pour nos proches. L'ambiance était drôle, détendue et nous courrions après ces petits riens qui resteraient des reliques si riches en émotions. La chevauchée reprenait et nous étions tellement impatients de notre prochaine rencontre...le Grand Canyon du Colorado ! Après avoir roulé inlassablement, essuyé quelques gouttes écartées par des sacs poubelle en guise de vêtements de pluie, la montée vers les 3000 m d'altitude du plateau ne se faisait pas sentir. Les distances sont si grandes et la géographie s'y prêtant, on traverse des forêts magnifiques avant de se heurter au vide et à cette immensité ! Quel choc ! On surplombe le canyon et ses couleurs merveilleuses, camaïeux d'ocre et de roux, de bleu et de beige. C'est tellement immense qu'on perd toute notion de mesure, de distances, de grandeur, de temps, on est simplement scotché, le regard croché sur ces formations géologiques. S'en suivirent 4 jours d'onomatopées : on épuisait le registre des A, des O et des W ! Que de beauté, que la nature est magnifique. Monument Valley nous propulsait au temps de John Wayne et de ses westerns, les nuages de poussière formés par le vent au loin faisaient apparaître Geronimo et ses combattants ou quelques chefs Navajos, l'ensemble tranchant avec les camions qui nous emportaient visiter ces lieux sacrés dans des rires païens répondant aux sursauts qui risquaient de nous éjecter des banquettes à chaque instant. Un bon air d'Ennio Morricone rythmait l'ensemble au son de l'harmonica nasillard qui saturait le haut parleur d'un téléphone portable...Nous partagions un repas en plein air, préparé par de dignes représentants de ce peuple survivant et tellement abimé par nos us et coutumes qui ont fini par vampiriser les leurs...Puis ce furent les Arches du parc national éponyme, encore des merveilles de l'architecte dame nature, une jolie ballade en bateau sur le Colorado nous rafraichissait les idées, puis Brice Canyon, dentelles de pierre suspendues au bleu du ciel d'une beauté provocante nous laissait bouche bée. Une petite cheville tordue par ci, un petit manque de sucre par là, quelques airs de piano joués devant un magasin, un petit signe de la main type Reine d'Angleterre animant orageusement l'ensemble, le groupe continuait sa découverte de ce pays roi des superlatifs ! On riait, on s'engueulait aussi parfois, gentiment, on se cultivait, enfin, on vivait et on apprenait à connaitre l'Autre ! Puis lors de la descente vers Las Vegas en passant par le parc national de Zion, riche en montagnes semblables au dos des dromadaires pour leurs rondeurs touffues et leur couleur, on renouait pour un temps avec l'Enfer ! Loin de l'altitude tempérée et reposante des montagnes, nous retombions dans la fournaise. L'impatience des uns, la fougue des autres, l'appel de la liberté loin du groupe pour les plus téméraires, poussèrent le groupe à se désolidariser et à vivre de nouveaux moments marquants. Quelques malaises dus à la chaleur, des sauveteurs improbables apparurent, la guide tentait de regrouper son troupeau de brebis égarées du mieux qu'elle le pouvait, les litres d'eau descendaient aussi vite que les chutes du Niagara, nous nous imbibions autant qu'il nous était possible pour surmonter cette nouvelle épreuve, et nous finissions par arriver dans la ville des lumières ! 42° à 17 heures. Des buildings, des milliers de leds, de la musique à gogo, des machines à sou à perte de vue dans des halls d'hôtels fourmilières, la folie de Vegas s'offrait à nous. Nous nous faisions l'impression d'arriver sur Mars. Les brumisateurs permettaient de supporter cette ambiance de four, et la folie des hommes montrait là son meilleur visage : celui des extrêmes et de la fête. Nous pactisions désormais avec les 7 péchés capitaux...L'idée d'affronter la vallée de la mort dans les 48 heures à venir poussait certains d'entre nous à profiter de la concession Harley comme si c'était leurs derniers jours, les emmenant même jusqu'au (re)mariage dans une joie non contenue !!! A Végas, on fait si rapidement le tour du monde sur cette avenue de 13 kilomètres de long, où Venise est dans la banlieue de Paris et la 4e pyramide la plus grande du monde joue du coude avec la statue de la Liberté et le château de Merlin. Quel pays !

Une journée de pause bien méritée, les 18 destriers repartaient pour affronter la Terreur...qui finalement s'avérait beaucoup plus simple qu'attendu. Certes l'arrivée la veille au soir à Furnace Creek était suffocante. L'atmosphère à - 85 mètres sous le niveau de la mer irrespirable ou presque. Encore un four et celui là terrible au coucher du soleil. Mais le lendemain un motard averti en valant deux, la matinée aurait presque paru "facile" (tout est relatif...). L'habitude ? Non certainement pas. Probablement que forts des expériences précédentes nous étions mieux préparés (eau, habillement adapté et lever très matinal pour éviter les heures de canicule). La traversée de cet endroit mythique du globe paru même "agréable"...et certains paysages lunaires laissaient songeur, le lac salé brillant au loin. Ce passage redouté finit par nous laisser un sourire humble aux lèvres et nous partagions un café dans une atmosphère détendue, papotant comme au bistrot parisien du coin !

Cette partie des Etats-Unis est un monde de contrastes incroyables. Après la chaleur, notre chemin nous emportait de nouveau à 3500 mètres d'altitude vers une jolie pluie franche et rafraichissante et une charmante station de ski. Les Américains de Mammoth Lake sont tout aussi agréables et accueillants que ceux des plaines. Souriants, commerçants, ils montrent toujours beaucoup d'intérêts pour leurs congénères européens et sont toujours enclins à venir vers l'autre. Nous Français devrions certainement en prendre de la graine...Nous étions heureux de planifier une soirée pizza et vin Californien (Aie la tête...) et notre invité surprise l'ours mit une belle pagaille au parking, vidant quelque sacoche et éventrant quelque dosseret passager...

Le retour vers la côte Pacifique passait par le splendide parc national de Yosemite. Des cascades majestueuses au sein des montagnes, et une végétation tellement riche tranchaient avec les paysages arides rencontrés précédemment. La fine équipe ralliait en fin de journée la ville insolite de San Francisco. Nous arrivions émerveillés à la nuit tombante dans cette ville illuminée de 1000 feux se reflétant dans la baie. La ville aux 43 collines est bluffante. A la fois immense et intimiste. On s'y sent tout de suite bien. La journée libre permettait ainsi à chacun de partir à la découverte de cette pépite à sa façon : à moto, en tramway, cable car ou pourquoi pas simplement à pied. Les couples et petits groupes pouvaient vaquer à leurs occupations et partager plus tard les moments qui les avaient séduits ou interpellés. Plateau de fruits de mer, fish and chips, Alcatraz par la mer ou Victoria Secret, Harley Davidson boutique, il y en avait pour tous les goûts ! Les rues en pentes parfois tellement raides, le quartier bancaire jouxtant d'anciennes villas, San Francisco est hétéroclite. Le Golden Gate Bridge est fidèle à lui-même. Cette pause citadine terminée, l'océan nous appelait (après un crochet tant attendu dans la plus vieille concession HD des Etats-Unis - Dudley Perkins) et le Groupe passa haut la main le trajet vers San Luis Obispo via Carmel. Cette cité balnéaire, subtile mélange de Deauville, du Touquet et de Monaco nous permettait de rêver devant des villas inaccessibles et des magasins au luxe discret et peu tapageur. Seule la valse des étiquettes de bijoux à 40.000 dollars nous propulsait dans une bonne séance de Monopoly...Les 120 miles de corniche qui menaient à notre étape nocturne nous laissèrent un nouveau souvenir mémorable. Le coucher du soleil était magique sur le Pacifique avec des couleurs dignes de filtres photos au résultat irréaliste, et ces lacets interminables surplombant l'océan à en donner parfois le vertige, nous donnaient une nouvelle leçon de conduite et nous faisait rallier notre hôtel à la nuit.

Mais tout a une fin. Après avoir partagé des moments de franche camaraderie, hilarants, difficiles voir même parfois tendus, nous réalisions que nous arrivions au bout du voyage et on pouvait entendre dans le son de nos voies et lire sur nos visages une certaine fatigue et résignation. Le temps arrivait au galop de boucler la boucle, de nous en retourner à Los Angeles par Santa Barbara (qui me dira pourquoi, blablabla), rendre les motos après un ultime passage à la concession Harley Davidson finir de nous délester de notre cash... Les compteurs affichaient fièrement plus de 2600 miles et la majorité d'entre nous songeait toujours toute éveillée aux richesses naturelles et humaines qui avaient touché leur esprit pour très longtemps..."