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Chapter Harley
Plaine de France

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"Tiens, il pleut ! Ce simple petit indice devrait suffire à vous faire deviner où nous sommes aujourd'hui...Prêts pour une de ces nouvelles sorties avec notre Plaine de France Chapter ? Et bien allons-y et qu'importe cette météo rébarbative en cette matinée du 24 mai, veille de Fête des Mères, 8 heures du matin sur le parking de la station Esso de l'A15, largement occupé par 30 superbes mécaniques...représentant plus de cinquante participants dont 5 Ladies sur les 6 que compte le Club...Une exception en cachant toujours une autre, c'était un signe de l'exceptionnelle journée à venir !

Le debrief sécurité toujours aussi sympathique, bien que plus calme qu'à son habitude, se voyait animé d'un homme grenouille improbable, tuba bleu royal fixé sur un casque écru précurseur de notre destination...féodale !

Enfourchées les superbes, nous roulions en cordeau vers le Vexin afin de rejoindre le pays de Bray qui  devenait le passage inévitable vers la Somme. Les routes toutes en courbes, souples, laissaient défiler sous nos yeux des champs vert tendre, sur lesquels reposaient des éoliennes agitées, toujours immenses. Des terrains rayés tels des guêpes à gauche, des épis de blés ondulant à droite, se détachaient ça et là quelques clochers de villages aussi fin que le chas d'une aiguille. L'ardoise des toits contrastait à peine avec le gris du ciel bas, tellement bas mais qui nous laissait à l'abri de leurs pleurs semblant préférer simplement nous observer pour mieux nous manger au goûter... Rouler, rouler encore, respirer la saine odeur de nos campagnes...Odeur de lisier ou de pollution des bouchons... ? Herbe folle normande, coquelicot arrogant ou ortie sèche des périphériques ? Qu'importe la semaine, nous longions en cette journée privilégiée de repos et d'ouverture sur la nature des maisons sises le long de fins cours d'eau magnifiques,. L'ensemble du paysage reposant reflétait une France profonde et authentique. Arrivés à Gournay-en-Bray qui nous renvoyait 2 ans en arrière lors de notre premier rallye des bikers, nous faisions une pause dans cette ville accueillante. De mémoire de sorties dans la région, c'est Gournay qui remporte la palme d'or de la bienvenue. Les passants sont causants et curieux d'une curiosité mélangeant admiration et complicité. Regards souriants en coin, histoires anciennes, questionnement sur les rassemblements ou sur les motos, sur la vie du Club. Toutes générations confondues, nous sommes toujours si bien accueillis dans ce village gaulois ! Et pour y avoir mis quelques neurones en jeu, il est facile d'affirmer que cette commune de Seine-Maritime abrite un puits de connaissance sur notre passé ! Après avoir traversé la mythique Gerberoy, magnifique village parmi les plus beaux de l'Hexagone, nous poursuivions notre route plein Nord pour continuer notre cheminement vers...Rambures. Nous flirtions avec Formerie, Aumale, Poix-de-Picardie s'affichait plus à l'Est, mais le paysage était toujours plaisant et tels une armée conquérante, nous avancions prêts à assaillir les donjons. Et quels donjons ! Rambures nous apparaissait brute, solennelle, mélange de fierté, certitude, rigueur mais surtout...apaisement ! Formes suaves, couleurs chaudes, ferme et charmante osmose de la force de l'âge. On pourrait presque assimiler ce superbe ouvrage à la gourmandise locale qu'est le gâteau battu. L'édifice reflète le même contraste de pesanteur et de douceur... Tout est dans le nom...Bien que notre guide (parfait amoureux de sa région dont il est vraisemblablement originaire tant sa verve est franche et son sourire enjôleur),  édulcore certainement quelques passages sombres de l'Histoire, il nous relate on ne peut plus parallèlement les pans culturels, drôles et anecdotiques du château. Car oui, cette forteresse dressée fièrement depuis le Xe siècle a peu changé depuis les 600 dernières années où elle appartient à la même famille. Qui dirait le contraire lorsque jaillissait ça et là la même phrase "bienvenue à la maison" ?  Que peut-il se passer d'aussi extraordinaire pour une structure qui présente des murs de briques en plein de 7 mètres d'épaisseur, des portes-pièges, des escaliers sans issue, des cheminées multicouches, des murs sans aucune linéarité à tel point que les boulets propulsés ricochent sur ces tours siamoises, des tours de gué serties de calcaire aveuglant l'ennemi, de trous de mâchicoulis distinctement dessinés faisant trembler une armée ? Et que dire de cet intérieur, figé tel celui de la belle au bois dormant ? Nous contribuions chacun à faire que notre temps s'imbrique dans ce passé, rassemblant livres du XVIe, billard, canons du XIXe masqués en suspension au dessus du salon , jeu de Demoiselles chevauchant dentelles au vent ancêtres du flipper, latrines d'une sidérante modernité, clés de voute, autoportraits, j'en passe et des meilleures, quelle claque ! Autant de siècles dans cet espace trompeur ! Ingéniosité médiévale et monde contemporain formaient une parfaite harmonie...

Mais notre sortie n'eut pas été si harmonieuse si nous n'y avions mêlé notre fantaisie de bikers...Rassemblés pour le repas dans une annexe du château sous l'œil réconfortant d'Henri IV qui semblait nous envier bombance et parrainer notre plaisir, nous nous laissions aller à des joutes festives d'anniversaires mixtes, le rez-de-chaussée semblant narguer la mezzanine et vice-versa, tel les valeureux et chanceux propriétaires des lieux ayant nargué en leur temps leurs ennemis et néanmoins familiers et parents pour prendre ce domaine incroyable...

Une fois les jardins parsemés de roses romanesques parcourus et envahis de blagues et drôleries, nos pensées pures ou paillardes essaimées dans le parc, nous prenions un ultime repos bien mérité à l'auberge. Sous l'orage menaçant et le tonnerre grondant, nous reprenions la route après la séance photo car notre retour n'aurait pas été à la hauteur de notre expérience ni de nos singularités si nous n'avions été tous enveloppés par une pluie de grêlons transformés en mousson sous la chaleur de la franche amitié qui nous avait encore une fois réunis...Les éoliennes la tête dans les nuages mettaient leur menace matinale à exécution, mais qu'importe, le plaisir de rouler va bien au delà des préoccupations météo...

 

Florence"