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Chapter Harley
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Le samedi 31 mai n'était pas un jour comme les autres dans la vie de notre Plaine de France Chapter ! Et si d'habitude nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur en cas de mauvais temps, ce jour là, il était tout simplement hors de question qu'il fasse mauvais...Pourquoi cette exigence ? Mais parce qu'il était impossible de faire faux bond aux jeunes hôtes qui nous attendaient...une fois passe encore, mais deux !!!

Depuis la veille nous scrutions le ciel, priant tous les dieux célèbres ou inconnus de nous offrir une belle journée pour le lendemain afin que nous puissions tenir notre promesse. Et au réveil, voici qui fut fait ! Nous n'allions pourtant pas si loin mais arrivions bien en avance devant notre concession de Baillet-en-France, plus émus qu'à notre habitude, nous demandant combien d'enfants nous attendraient, comment se déroulerait la journée et si nous serions à la hauteur ! C'est incroyable comme on peut parfois se sentir petits...car quand on va à Margency, on ne se rend pas n'importe où. On part le cœur lourd et malgré tout heureux car nous savons que quoi qu'il arrive le bonheur se communique dans ce lieu chargé de toutes les douleurs, de toutes les émotions, et aussi de tous les espoirs. Surtout celui d'avoir une chance de guérir de maladies redoutables, entourés de médecins dévoués et d'un personnel médical d'une rare qualité.

La journée était dès l'aurore patronnée sous le signe de l'espoir...l'espoir d'un temps clément qui se présentait, puis l'espoir d'être tous là, les inscrits réunis pour ce jour à part, puis la couleur aussi...le vert de cette route, ces forêts que nous traversions, denses, intenses, si proches de nos lieux d'habitation et pourtant méconnues, qui nous permettaient de nous concentrer sur les heures à venir, nous gorgeant de la force des arbres et de la quiétude des sous-bois. Le plaisir de rouler, ensemble, toujours ensemble, solidaires avec au bout du chemin des rencontres extraordinaires...Et nous y arrivions très vite. Une fois la grille du parc de l'hôpital franchie, nous étions accueillis par des grands signes de la main, des sourires larges, puis un petit groupe au pied du perron paraissait trépigner d'impatience. Dans les gestes , dans la voix et dans les regards nous lisions une vraie joie.

Les motos garées et ordonnées, les plots sécurisant le parcours posés, nous faisions connaissance avec les enfants. Chacun faisait le tour à sa façon, jetant son dévolu sur telle ou telle machine qui deviendrait son destrier, chacun se transformant pour un temps en chevalier, les yeux remplis d'étoiles...

Après que nos bikers aient partagé leur pique-nique au milieu du parc, la séance frissons pouvait démarrer...Frissons de notre part pour faire de notre mieux afin de sélectionner le pilote et la moto les plus adaptés à chaque enfant et avant tout, frissons de bonheur des enfants qui malgré la maladie semblaient avec force, dépasser ce moment pour un tour de roues, puis deux, puis trois, puis quatre, encore et encore ...On entendait des rires, on en voyait certains essayer chaque selle, tourner les poignées et il était alors à notre portée de voir où leur imagination les emmenait...Nous sommes tous des enfants malgré nos airs tristes et pâteux et comme on se sent parfois petits et...chanceux ! Mais là ou nous pourrions rencontrer pleurs et plaintes, nous rencontrions force, fierté et volonté...Quelle leçon de vie ! Les aides soignants sont de la partie, les parents sourient et certains rient, la magie de l'instant fait qu'il n'y a plus ni malade, ni enfant, ni parent, ni infirmier, ni biker, mais simplement une rencontre humaine, une flamme de vie et de partage qui illumine l'instant.

Une fois cette euphorie passée, le temps "sérieux" de la remise des diplômes était arrivé et nous pouvions lire sur le poster où chacun apposait sa délicate signature accompagnée d'un petit dessin touchant des mots à nous faire chavirer...quels remerciements...La chaleur aidant , l'émotion et la fatigue s'étant liguées, il était temps pour nous de laisser chacun se reposer et de nous séparer de nos petits protégés. Nous nous en retournions dans le confort cotonneux de notre quotidien, riches de cette rencontre, et il apparaissait que la justice sur cette terre se mesurait déjà au choix qu'avait fait cette coccinelle noire à points oranges qui venait de se poser sur mon jean...

 

Florence